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Le peer-to-peer revient en force après la fermeture de Megaupload

Article 1 062 - Posté le 26-01-2012 à 14:01

Le peer-to-peer revient en force après la fermeture de Megaupload

Les autorités espéraient que les internautes se tourneraient vers les offres légales après la chute du site de téléchargement direct le plus populaire de la Toile. Mais ils ont préféré aller voir du côté de BitTorrent ...

La fermeture le 19 janvier du site d’hébergement de fichiers Megaupload,  qui représentait 4% du trafic Internet, a certes secoué la Toile mais n’a pas éradiqué le piratage.

Avec la fermeture dans son sillage de certains sites similaires et le vent de panique constaté chez d’autres hébergeurs de fichiers, les autorités pensaient certainement que les internautes qui avaient l’habitude d’y télécharger des films ou de la musique illégalement se tourneraient désormais vers des plateformes légales comme iTunes, Spotify ou Deezer. Mais visiblement, elles se sont trompées.

A la place, le peer-to-peer ou P2P (transfert de données de PC à PC) a fait un brusque retour en grâce, indique un observatoire de l’usage de la bande passante à travers le monde mis en place par le constructeur de routeurs Ipoque. C’est un véritable retournement de situation, car le peer-to-peer, longtemps privilégié par les internautes pour télécharger des films et de la musique de manière illégale, était tombé en désuétude ces dernières années au profit du téléchargement direct, difficilement traçable par les autorités et également plus rapide.

Alors qu’en Europe le niveau de trafic du P2P était quasi nul ces dernières semaines, les graphiques mis en ligne par Ipoque montrent qu’il connaît depuis la fermeture de Megaupload des pics atteignant 15% du trafic total de la bande passante européenne.  Ce regain d’intérêt pour le peer-to-peer a surtout bénéficié au protocole de transferts et de partage de données BitTorrent.

Pourtant, ce mode de téléchargement illégal est surveillé de près par la Haute autorité pour la diffusion des œuvres et la protection des droits sur Internet (Hadopi). En début de semaine, elle se félicitait des chiffres «encourageants» présentés par la Fédération internationale de l'industrie phonographique. L’IFPI venait d’annoncer que près de deux millions d’utilisateurs de P2P en France avaient cessé leur activité. Une annonce déjà obsolète à cause de l’affaire Megaupload? A moins que ce retour sur BitTorrent ne soit qu'une tendance passagère en réaction à la fermeture encore récente du site.




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Le patron de Free, Xavier Niel, sur le gril des députés

Article 1 061 - Posté le 26-01-2012 à 13:59

Le patron de Free, Xavier Niel, sur le gril des députés

Deux semaines après le lancement de l'offre mobile de Free, Xavier Niel était auditionné par la commission des Affaires économiques.

Le vice-président et directeur général délégué à la stratégie du groupe Iliad a répondu pendant plus d'une heure et demi aux questions des députés. Le sujet des offres Free Mobile a été abordé, tout comme le développement du réseau ou la fermeture de Megaupload.

Les offres Free Mobile.

Xavier Niel s'est exprimé au sujet des différentes controverses de ces dernières semaines. Concernant les problèmes de synchronisation entre l'envoi de la carte SIM et le transfert du numéro, il reconnaît l'erreur: «Nous avons eu des problèmes avec les clients dans le cadre des portabilités de numéro. Ça concerne quelques centaines de SIM qui ont pu se perdre. Ces problèmes sont montés en épingle, et c'est de bonne guerre». Le patron de Free a d'ailleurs admis qu'il s'agissait du «problème majeur» du nouvel opérateur et que la vente de terminaux mobiles, initialement prévue à partir du mardi 24 janvier, sera repoussée tant que les cartes SIM n'auront pas été délivrées.

A propos du flou autour de la limitation à l'usage de son forfait, Xavier Niel considère que l'usage des termes «en bon père de famille» ne présente pas de problème et est «encadré par la jurisprudence».

Les députés se sont également faits le prolongement des critiques apportées aux deux offres de Free et notamment à celle limitée à une heure de communication: «Pourquoi le forfait social n'est-il pas un forfait bloqué?» ont demandé les députés. Xavier Niel répond qu'un forfait bloqué l'aurait mis «mal à l'aise» puisqu'il ne souhaite pas que les clients de Free soient privés de communication. Mais comme ces derniers le demandent, «on va le faire», a affirmé Xavier Niel. Il reste néanmoins évasif sur le fameux cap des trois millions d'abonnés: «Après 3 millions, nous verrons comment faire évoluer les offres».

Le vice-président d'Iliad explique la différence de prix entre Free et ses concurrents par le salaire des cadres: «Free n'est pas une entreprise low cost, [...] mais on est une entreprise raisonnable. mon salaire est 20 ou 30 fois inférieur à celui de mes homologues. [...] Je touche 173.000 euros de salaire brut par an».

L'infrastructure de Free.

Pour Xavier Niel, le positionnement de Free ne se fait pas tant sur les bas coûts, mais sur le développement de l'internet mobile: «Nous inventons un modèle basé sur la data», à savoir les données échangées par internet. Pour promouvoir ce modèle, il reste fortement attaché au fait d'ouvrir l'offre 3G à «tous types de fonctionnement, y compris le peer to peer». «Internet n'est pas uniquement le web et le mail, ce sont tous les usages» a-t-il déclaré devant les députés, défendant la neutralité des réseaux.

Afin de permettre ces usages, le vice-président d'Iliad souligne l'importance de «posséder son réseau». Alors que l'Arcep demande à Free Mobile de couvrir 90% de la population d'ici 2018, Xavier Niel a précisé devant les députés que son objectif était d'arriver à ce seuil «le plus vite possible» afin de pouvoir se libérer rapidement du réseau d'un autre opérateur: «On pense sur le long terme que notre seul moyen d'exister est de déployer notre réseau en propre». Mille antennes sont d'ores et déjà déployées par l'opérateur et 5000 nouvelles ont été commandées. Outre l'indépendance du réseau, cela devrait également permettre à Free Mobile d'accueillir des opérateurs virtuels: «Nous allons publier dans les prochains jours une offre leur permettant d'y accéder».

Il a également répondu aux critiques émises par les autres opérateurs, l'accusant de ne pas avoir activé toutes ses antennes: «Plutôt qu'enrichir les huissiers, ils feraient mieux de rendre de l'argent à leurs abonnés, C'est de l'argent improductif. S'ils doutent de l'ARCEP, qu'ils la poursuivent». Xavier Niel reste néanmoins prudent et concède un «couverture exécrable» à Paris intra-muros, où Free a donc tiré parti de son partenariat d'itinérance avec Orange, une entreprise avec laquelle Free se sent «en confiance». Ce partenariat est issu d'une «négocation commerciale», qui n'est donc pas «encadrée par l'ARCEP», et qui devrait, à terme, atteindre 1,5 milliard d'euros pour Orange «d'après la manière dont ils en parlent aux analystes financiers».

Afin de pouvoir gérer au mieux les nouveaux clients, Xavier Niel précise qu'outre les quatre boutiques déjà en place en France, une centaine devrait ouvrir dans les plus grandes villes, dont «une très grande à Paris au cours du premier semestre 2012».

Blocage des sites internet et financement de la création.

Suite à la fermeture de Megaupload jeudi 20 janvier, les députés ont demandé l'avis du dirigeant d'Iliad sur la fermeture de sites internet. Il se sent «gêné» par des lois qui permettent le blocage «sous couvert de lutter contre la pédophilie par exemple». D'après lui, cela ne doit intervenir qu'après intervention d'un juge, comme c'est désormais le cas en France avec Hadopi.

Enfin, concernant le financement de la culture par les fournisseurs d'accès , mesure proposée par François Hollande, Xavier Niel rappelle que «les FAI sont souvent mis à contribution pour financer la création» et pense que le financement doit être «sur le budget général de la France et non pas sur des petites taxes à droite et à gauche».




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Couverture, itinérance : les syndicats veulent une enquête sur Free Mobile

Article 1 060 - Posté le 25-01-2012 à 14:06

Couverture, itinérance : les syndicats veulent une enquête sur Free Mobile

Les Syndicats CFE-CGC & UNSA des opérateurs télécoms mobiles viennent de saisir l’ARCEP pour réclamer une procédure d’enquête à l’encontre de Free. Les organisations ont de sérieux doutes si ce n’est une « forte préoccupation » quant aux respects des obligations réglementaires du nouvel entrant. Ils estiment en substance que Free ne respecterait pas ses obligations de couverture, alors que ce respect est exigé pour profiter de l’itinérance sur le réseau d’Orange. Une annonce qui intervient alors que Xavier Niel est entendu ce matin à l’Assemblée nationale.

Les syndicats émettent d’abord « de fortes inquiétudes » sur le niveau d’investissement réalisé par Free Mobile. Selon les autorisations de l’ARCEP, Free doit couvrir 27% de la population en voix et 25% en data. Le cahier des charges précise que la couverture doit être « effective à toute heure de la journée, notamment aux heures chargées et correspond pour chacun des services […], à un taux de disponibilité, à l’extérieur des bâtiments, d’au moins 95% dans la zone de couverture. Elle est calculée à partir de la densité moyenne d’habitants dans chacune des communes ».

Or, les syndicats des opérateurs en place considèrent à coup d’affirmations et d’hypothèses que Free manquerait à ces obligations : « tout porte à croire que, depuis le lancement de ses services, FREE MOBILE a dégradé la couverture de son réseau qui assurait une couverture théorique suffisante mais n’est en réalité pas dimensionné pour faire face à une utilisation en phase commerciale ». Ils émettent du coup cette hypothèse : « Il semblerait que FREE MOBILE ait paramétré ou éteint ses équipements dès le lancement commercial de ses offres (donc postérieurement aux mesures effectuées par l’ARCEP) pour basculer les appels de ses abonnés sur le réseau de son opérateur hôte (ORANGE) de façon à pouvoir faire face à la montée en charge de ses services ».

Cette bascule aurait des effets mécaniques au détriment d’Orange : « Free Mobile bénéficierait alors de façon totalement illégale et usurpée d’une itinérance sur le réseau de l’un des opérateurs 2G/3G (en l’occurrence ORANGE avec lequel elle a conclu un accord) ». Or, ce droit à l’itinérance n’est accessible que si l’opérateur satisfait d’abord à ses obligations de couverture. Certes, l’ARCEP avait constaté que Free répondait au paramètre de couverture fin 2011, mais depuis, Free pourrait avoir dégradé la couverture de son réseau en dessous des 25% requis. C’est la crainte des syndicats.

« S’il se confirmait, le non-respect par FREE MOBILE de son obligation de couverture de 25% de la population devrait logiquement la priver de son droit à l’itinérance sur le réseau de l’un des opérateurs 2G/3G ». De fait, l’article L36-11 du Code des Postes et Télécommunications limite dans le temps ces privations et ne les réservent qu’aux cas les plus graves, précédés le plus souvent d’une mise en demeure restée infructueuse.




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